Photo blog

99%Média demande une enquête publique indépendante sur les agissements policiers durant la grève étudiante de 2012

par OM99% Media – www.om99media.org, mardi 13 novembre 2012, 01:25

COMMUNIQUÉ

Pour diffusion immédiate

99%MÉDIA DEMANDE UNE ENQUÊTE PUBLIQUE INDÉPENDANTE SUR LES AGISSEMENTS POLICIERS DURANT LA GRÈVE ÉTUDIANTE DE 2012.

Montréal, le 13 Novembre 2012

Les journalistes et vidéastes du groupe 99%Média ont suivi les actions et manifestations étudiantes depuis le début de la grève. Ils peuvent témoigner d’un nombre inquiétant de comportements policiers (SPVM, SPVQ, SPVG, SQ) allant à l’encontre de l’éthique déontologique qu’impose la profession.

99%Média a souvent été en première ligne pour constater certains abus et, grâce à son réseau de collaborateurs, il a entendu, lu ou visionné plusieurs témoignages relatant autant de comportements inacceptables. Plusieurs membres des forces policières ont refusé à répétition de s’identifier, ont procédé à des arrestations arbitraires ou sans fondements, ont usé d’intimidation et d’insultes envers des manifestants pacifiques, ont fait du profilage politique selon l’apparence ou le port de certains symboles (ex.: carré rouge, carré noir), ont fouillé illégalement des personnes qui n’étaient pas en état d’arrestation, ont utilisé une force excessive et sont même allés jusqu’à refuser de porter assistance aux victimes de cette violence policière. Les droits fondamentaux de liberté d’expression, de sécurité du public, de manifestation pacifique, de liberté d’association et même de liberté de presse ont été à maintes reprises bafoués par les corps policiers avant, pendant et même après la grève étudiante. Le code de déontologie policier s’est avéré un outil inefficace de contrôle de la moralité des services qu’il régit et le mécanisme de plainte actuel avantage nettement les contrevenants. L’impunité dont ont fait preuves plusieurs policiers, dont la plupart ne sont pas identifiables, a contribué grandement à la détérioration du lien de confiance d’une grande partie de la population envers la police. Certains citoyens ont commencé à se sentir en danger en présence de policiers, ce qui a accentué le climat de confrontation et de méfiance à leur égard, climat dont se sert la police pour justifier une répression accrue lors de manifestations.

Au nom de la sécurité du public, les forces policières se sont targuées d’être efficaces. Au contraire, plusieurs fautifs ont pu s’en tirer et plusieurs innocents ont payé à leur place le prix de la violence et du mépris. Le manque de discernement de plusieurs policiers et l’usage de tactiques douteuses ont clairement montré qu’il s’agissait dans la plupart des cas de répression d’une contestation légitime et non d’ordre public. Les souricières empêchant les gens de se disperser ont été monnaie courante, mais il y a eu aussi des interventions beaucoup plus dangereuses : les charges de cavalerie mal maitrisées, des motos et voitures de police fonçant dans la foule, des balles de plastique ou des grenades assourdissantes lancées aux visages des gens. Ces dernières actions auraient pu causer des morts. Ce ne fut pas le cas, mais on ne peut s’en réjouir, car il y a tout de même eu plusieurs blessés graves. Pour les personnes ayant été blessées et leurs familles, rien ne sera plus jamais comme avant.

De plus, pour tenter de limiter la diffusion des actes répréhensibles de certains policiers, les représentants des médias indépendants se trouvant en première ligne ont souvent été maltraités, gazés, repoussés ou frappés, parfois de façon clairement intentionnelle. Il a même été rapporté à plusieurs reprises que la police demandait d’effacer le contenu des cartes mémoire des appareils numériques afin de détruire d’éventuelles preuves compromettantes.

Les étudiants, les sympathisants de la cause étudiante et les médias indépendants ne doivent pas être considérés comme des citoyens de seconde zone. Le respect et les droits fondamentaux sont les mêmes pour tous et aucun policier ne devrait se conduire à l’égard de qui que ce soit avec la malveillance dont plusieurs ont fait preuve. Les agissements disgracieux de la police n’ont pas, peu importe le contexte, leur raison d’être. Nous constatons que le code déontologique et le processus de suivi des plaintes ne suffisent plus à encadrer le travail des agents, car on a actuellement affaire à des policiers qui enquêtent sur des policiers, ce qui constitue un conflit d’intérêt. Le système doit changer pour que les policiers aient réellement des comptes à rendre en cas de dérapage.

C’est pourquoi, dans le but d’assainir le travail policier des abus, d’établir une nouvelle façon de traiter les cas d’abus et de rétablir la confiance du public informé, 99%Média se joint à de multiples organismes pour réclamer une enquête publique et indépendante sur les agissements des corps policiers durant la grève étudiante de 2012. De plus, nous réclamons que soit étudiée sérieusement la création d’une entité civile et totalement indépendante ayant pour but de surveiller et statuer officiellement sur les bavures policières.

-30-

About these ads

Une Réponse

  1. Pingback: 99%Média demande une enquête publique indépendante sur les agissements policiers durant la grève étudiante de 2012 | Mouvement. | Scoop.it

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 2 555 autres abonnés